Physicien en imagerie PET
Né à
El
Eulma
et
ex-joueur
du
MCEE

Habib
Zaidi
Le
premier accroupi
(de
la
droite
)
avec
l'équipe
de
Football
du MCEE
en
1987
Khalil Gibran n’a pas écrit « Le Prophète » en son pays, le Liban, mais à New York. De même, plusieurs physiciens des HUG ont dû partir en Amérique pour financer leurs recherches. « C’est un phénomène mondial. La plupart des physiciens finissent aux USA. » L’exil, il connaît ça Habib. Ingénieur en électronique à Alger, il passe un concours international pour des études de physique médicale, se retrouve l’un des dix élus sur les six cents appelés, part faire un Master en Suède et termine son Doctorat à Genève. « J’avais le choix entre l’Amérique et la Suisse. J’étais passionné par la médecine nucléaire et Genève, avec le CERN, était parmi les pionniers. »
Du coup, Habib se retrouve aux HUG, où sa charade professionnelle pourrait se résumer ainsi: tâches de service, enseignement et recherche. Son premier s’occupe des scanners et logiciels. Son second se donne aux futurs médecins et nous rappelle que l’hôpital est universitaire. Quant à son troisième, Habib en ferait volontiers son tout. « En ce moment, je travaille sur un projet avec le CERN. On développe une caméra à haute résolution pour l’imagerie cérébrale. » Au lieu des actuels quatre millimètres et demi, la future caméra observera nos neurones avec deux millimètres seulement de résolution. Soit un progrès immense, utile tant à l’affinement du diagnostique qu’à la planification des thérapies.
Et des réussites de ce genre, Habib en compte déjà bon nombre. Dans son bureau, six prix internationaux sont là pour le rappeler. Cette reconnaissance lui donne une oreille plus attentive du côté des fonds fédéraux, mais pas toujours à l’hôpital. « Ce que les prix des physiciens ont tout de même obtenu, c’est de nous ouvrir bientôt les portes du corps professoral. Jusqu’alors, c’était réservé aux médecins. » Pourtant, dans le couloir qui mène au bureau d’Habib, de grands panneaux exposent fièrement la toute nouvelle méthode d’imagerie utilisée aux HUG. Une fusion du PET (tomographie par émission de positons) et du CT (notre bonne vielle radio à rayons X). Cet appareil est le fruit « médical » du travail des physiciens. Peut-être cette évidence rapprochera-t-elle bientôt les deux bouts du couloir?