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El-Eulma:
«El-Berrah» est toujours là !
Malgré le changement des us et des coutumes qu'ont
imposé les temps modernes, le traditionnel métier de
crieur public, Merzak «El-Berrah» continue ce métier
tant bien que mal dans notre époque, en dépit de moyens
nouveaux de communication. Seul canal d'annonce de
nouvelles, le métier de crieur public répondait à
l'époque à des besoins sociaux et s'adaptait tant à la
vie dans un esprit communautaire qu'aux moyens dont
disposaient les ménages. Le crieur, quant à lui, devait
être un homme en bonne santé doté d'une voix rauque, il
devait aussi bien connaître la ville et sa population
pour mieux diffuser le message. Les crieurs publics
furent parmi les gens les plus connus par la population
et leur passage suscitait à la fois la curiosité et
l'appréhension, car on ne savait pas s'ils allaient
annoncer une bonne ou une mauvaise nouvelle. Ils avaient
pour mission d'annoncer les décès, la disparition
d'enfants ou d'animaux et la perte d'objets de valeur ou
documents et même l'annonce des mariages. Pour les
besoins, ils utilisaient des tambours ou parfois la
zorna pour rassembler la foule autour d'eux. Peu à peu,
l'affichage sur le mur, les ondes de la radio, les
annonces de journaux et, récemment, le portable ont fini
par prendre le pas sur le métier de crieur public. L'un
après l'autre disparurent ou changèrent de métier mais
Merzak Benaissa ne veut pour rien au monde abandonner ce
métier qu'il pratique depuis son jeune âge tel un
aguerri face aux vicissitudes de la vie. Trapu, traînant
une canne, il sillonne de bout en bout les quartier
populeux de la ville, son visage basané et ses
moustaches épaisses et tombantes, sa voix s'entend de
très loin. Merzak Benaissa, toujours fidèle à sa
vocation, est devenu partie intégrante du décorde la
ville de Saint Arnaud (El-Eulma).
par Z. S. Loutari
Le Quotidien d'Oran du Mercredi 14 mai 2008
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