Abdallah Kacimi

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Abdallah Kacimi

A la guitare Cherif Boudab

 

 

 

 

 

Celui qui ne connaît pas Abdallah Kacimi, je dirais presque qu'il ne connaît pas bien El Eulma (je ne parle pas des jeunes générations) .En disant cela

 je n'enlève en rien a la valeur des autres personnages qui ont marqué de leur présence l'histoire de cette ville et parfois celle du pays, et ils sont très nombreux. Il y avait entre autres ZEGGAR Messaoud, Mohamed ZIAD dit « l'Agneau » , Djilani Seghir, Lamine DEBAGHINE .......etc. , et aussi des figures comme Mirma de son vrai nom THABET Amar , MEKIDECHE Ali, HAMOU ,.... qui sans être Historiques ont marqué de leur passage nos mémoires. Mais ce personnage sort quand même du commun par plusieurs de ses facettes. Que les gens qui ne partagent pas mon avis m'excusent, je leur concède cela ,car au fond de moi-même , je me dirais que c'est normal puisqu'ils n'ont pas connu ce personnage , et ne peuvent l'imaginer a sa juste dimension .Leur éventuel reproche est somme toute plausible .Le but de cet « écrit » qui ne peut en aucun cas avoir la prétention ou le mérite de cerner le personnage est destiné a faire connaître aux jeunes générations les personnes de leur patelin qui se sont distingués a leur époque chacune a sa manière, et parmi lesquelles se trouve Abdallah. Bien sur il y a en eu d'autres, dans différents domaines : le théâtre, la politique, la culture etc.... mais je pense que comme auteur, chanteur, compositeur, personne ne peut avoir plus de mérite que lui (ça demeure un simple avis).

Il est né a El Eulma quand elle s'appelait Saint-Arnaud pendant la période coloniale, au début du siècle passé, exactement le 25 mai 1918.

 

Une Qualité  d'auteur , compositeur , chanteur

 

Il s'est surtout distingué par son côté artistique, il aimait tellement la musique. A son époque , c'était les grands chanteur comme Mohamed Abdelwahab , Oum Kaltoum , Farid El Atrache , Riad Sambati qui occupaient le devant de la scène .Il s'inspira donc de cette culture musicale orientale et choisi l'Oud comme instrument préféré , mais il excella aussi au « Kamendj » (violon) comme il ne négligea aucun des autres instruments. C'était un ardent mélomane. Son amour et sa passion pour cette musique venue d'orient , lui fit connaître certains artistes egyptiens L'Egypte à cette époque représentait pour tous les arabes une référence dans presque tous les domaines et principalement la musique et le cinema.

Sa qualité d'auteur , compositeur , chanteur ; lui permit de constituer un riche répertoire , parmi lequel on peut citer la très lyrique chanson « Leila » , et une autre qui l'a rendu célèbre « Mounie ». Au risque de me tromper ses disques étaient diffusés par « Oustwanet El-Eulmaphone » , c'est vous dire combien il aimait ce patelin qui l'a vu naître , il ne trouva pas mieux que de donner son nom a cette société d'édition , alors que véritablement ces disques ont étés enregistrés je crois en France.

Il chantait avec passion , et une voix profonde un répertoire assez riche écrit au fil de sa longue carrière d'artiste .Nos aînés avaient eu la chance de l'apprécier lors de la diffusion de quelque unes de ses chansons à la « Radio Sétif » de l'époque où une tranche horaire lui était consacrée je pense une fois pas semaine a midi.

Abdallah n'était pas connu simplement parce qu'il était artiste , mais bien parce qu'il faisait partie des « meubles » de cette ville avec certaines autres figures locales qui étaient connues chacune dans sa particularité . Il était connu pour ses célèbres reparties, il avait le verbe péremptoire et facile mais un cœur tendre .Ses réponses emphatiques nous faisaient sourire, elle ne venaient jamais du fond du cœur , mais constituaient son personnage , car il avait de l' « allure » et de la classe.

Il créa en 1959 une équipe , « l'Etoile Filante Saint-Arnaudienne »(E.F.S.A) mais hélas la vie de ce « rêve » que Abdallah voulait hisser au rang des grandes équipes s'évapora et cette étoile naissante disparu quelques temps .après sa création

Elle ne fut jamais engagée dans des compétitions officielles et ne participa qu'à des rencontres amicales avec les autres équipes, mais elle exista dans le champs footballistique Saint-Arnaudien.

Les vicissitudes amères et les aléas de la vie ont fait qu’il dût plus tard vers le « couchant » de sa vie , exercer plusieurs « petits »métiers pour subvenir aux besoins de sa famille. Il s’en acquitta superbement.. Son courage peu commun lui a fait faire contre mauvaise fortune bon cœur , et il demeura malgré tout l’homme élégant , qu’enfants on admirait : costume trois pièces coupé dans un bon drap anglais ,cravate papillon , mocassins mode italienne , chevalière protubérante en or , et une coiffure maintenue avec de la brillantine à la mode de son époque .On le dirait tout droit sorti d’un magazine. D’ailleurs même en habit traditionnel, il ne perdait pas de sa classe .Gandoura à l’ algérienne ample d’un blanc immaculé couvrant un gilet tout aussi blanc, il marchait d’un pas lourd sous lequel gémissait un beau soulier fabriqué à l’ancienne. En costume ou en habit traditionnel les boutons de manchettes pour la chemise étaient de rigueur. On le voyait l’été un peu « relâché », pas de costume avec simplement une chemise presque le plus souvent avec cravate, et un pantalon « suspendu » avec des bretelles doubles. Cependant fidèle à son élégance il mettait de temps en temps un costume de toile de couleur très claire et des soulier à la mode des années quarante à deux couleurs : noir et blanc. Avec ce costume il portait toujours une cravate papillon .On l’avait vu dans ces habits traditionnels à son retour des lieux saints .Il était revenu fatigué par une maladie qui finira par l’emporter une année après. Fatigué c’est sur, mais il n’avait pas perdu cette magie qui faisait qu’a chacune de ses paroles l’on ne pouvait s’empêcher de rigoler .Il avait ce don de rester dans sa « réserve » même après l’une de ses fameuses répliques qui nous faisaient tordre le ventre de rire .

 

Les grands hommes de son envergure ne peuvent reculer devant aucun préjuge

 

C'était un homme de taille moyenne , mais il compensait cela par sa grandeur d'âme , sa disponibilité à aider , à pardonner sans artifice une fois « l'orage passé » et surtout par sa mentalité débonnaire .Une moustache fine taillée à la Clark Gabble ajoutait encore plus de charme à son visage presque rond .............

Il était d'un brun assez caractéristique qui ajoutait du panache a son personnage , il avait le teint « marocain » qui lui donnait un air de prince .Effectivement par sa prestance , sa démarche altière , sa gestuelle a la limite du théâtral il s'est installé sans le vouloir dans une position princière .Tout en lui , contribuait de façon innée à lui donner cette apparence noble .D'ailleurs dans sa vie il côtoya des gens très célèbres du moyens orient , et lors d'un voyage qu'il effectua aux états unis dans les années 70 il fut prit pour un prince arabe. Mais au fond ne l'était-il pas vraiment ?

Il eu pour ainsi dire deux vie l'une facile où ses moyens démesurés pour l'époque lui donnaient accès a presque tout , et l'autre où il dut affronter la vie avec beaucoup de peine et beaucoup d'abnégation. Il exerça entre autres les métiers d' « agent d'affaires générales » ,passant par celui de coiffeur , réparateur radio , faisant un pieds de nez à cette vie qui a écrasé pas mal de gens , mais qui n'a pas eu le dernier mot avec ce « totem » , qui en dégringolant de sa situation cossue ne s'est fait aucun mal .Au contraire il se relèvera a chacune de ses chutes , renaissant de ses cendres tel ce phoenix de la légende .Il s'adaptera a toutes les situations auxquelles il fut confronté avec la même vigueur qu'on lui connait .Il vécu dans tous ces « petits métiers » qu'il exerça avec la même dignité et la même élégance de ses « grands moments ».Le dernier de métiers qu'il exerça fut celui d'écrivain public, métier qu'il exerça sans aucun complexe en plein centre ville au « carrefour » même . Les grands hommes de son envergure ne peuvent reculer devant aucun préjugé. Qui de nous, de nos jours aurait pu faire pareil ? C'est là toute la grandeur de ce personnage. Ecrivain public, il donnait par sa présence au simple tabouret sur lequel il était assis l'allure d'un trône.

 

De Guache a droite :Abdallah Kacimi ,Mesaoud Zeghar ,El Hadj Mohamed Tahar El Fergani ,Photo prise à El Eulma

 

Mais rien ne l'éloignera de son véitable amour pour la musique

 

Mais rien ne l'éloignera de son véritable amour « la musique » et de ces sons sortis des cordes de son « Oud »qui se mariaient avec sa voix chaude et envoûtante. Cette voix mélancolique qui chanta « Leila »avec une volonté telle que l'on voit ce personnage prendre forme devant nous .La musique est agréable et les paroles pures assez harmonieuses. La description de Leila est faite avec des mots purs et d'expressions puisés dans le terroir , simples mais assez significatifs , qu'a la fin ,ils nous font presque la toucher : son « Mebssem » (bouche ou sourire) « Soudani »( parlant de personne du soudan , donc a peau noir , pour mettre en valeur la couleur blanche de ses dents) ; son « Salef »(mèche de cheveux que nos mères laissaient tomber sur leurs tempes) « Mkhabel » (echevelé) « Dahbani » (couleur d'or , pour dire teinté au henné) « Tayeh » (qui tombe) « Djneh Djneh »( de chaque coté) , « Leila ya ain ettir » ( aux grands yeux , comparables a ceux des rapaces) mais Leila demeure pour Abdallah « Nour ayani » (la prunelle de ses yeux ).

En 1978 (je pense) ce touche a tout , tira sa révérence et se retira définitivement de ce théâtre qu'est la vie , ou il ne joua jamais en tant que figurant . Sa vie est parsemée de beaucoup d'anecdotes le concernant toutes plus subtiles les unes que les autres , peut être quelqu'un , un jour aura-t-il l'idée de les écrire.

 

Il est bien dommage que nos aînés disparaissent ainsi , nous léguant un patrimoine culturel qu'on laisse en déshérence , n'auront nous pas honte devant ceux qui viendrons après nous, aurons nous les réponses a leurs questions , saurons nous nous défendre devant leurs reproches . Je pense que non, nous ne pourrons jamais nous justifier. Pourtant c'est si simple, chacun d'entre nous « récoltera » ce qu'il peut et à la fin en réunissant le tout nous aurons au moins ramassé un peu de notre « mémoire collective ».

Je terminerais par une phrase très significative de l'écrivain Mohamed Arabdiou « le pire ennemi de l'histoire c'est le mutisme .La sénélité et la mort nous guettent ,demain c'est aujourd'hui, demain c'est déjà trop tard »

Voila ce que j'ai pu faire pour « ami »ABDALLAH .J'espère qu'il me pardonnera de l'avoir confiné dans simplement quelques pages, lui qui mérite des livres entiers, mais c'est tout ce que je pouvais faire et je l'ai fait.

A suivre peut être.....................pour d'autres personnages (si on trouve des sources !!!!)

 

Hier le 25 mai 2007 c'etait le jour anniversaire de la naissance de Kacimi Abdallah , voila pourquoi cette petite pensée.......

Le 26 mai 2007 par: Aziz   pour  www.el-eulma.com 

 
Commentaire n° 1 posté par: lakhdar rebihi le 29/05/2007 - 12:15:11
un grand merci pour l'homage rendu a abdallah kassimi,tres émouvant.je l'est connu dans les annes 1960,il avait une tres belle voiture (genre americaine),c'etait un homme tres soigne dans ça facon de s'habiller,allah yarahmou maana oua elmouslimine inchaALLAH. 
 

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Commentaire n° 2 posté par: samir hakimi le 29/05/2007 - 14:07:37

Quel bonheur! d'assister à la projection d'un film ,que ce soit au cinéma vog ou à l'atlas,en présence de Abdallah kassimi!            A travers ses commentaires en pleine projection;toute la salle se tordait de rire!Derriere lui j'ai reconnu Boudab et voilà que le souvenir de l'odeur du bon pain croustillant m'envahit!Triste, nostalgie, nous rend....Merci pour ces moments que l'on ne pourrais plus rattraper.

 

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Commentaire n° 3 posté par: kacimi abdenacer le 20/06/2007 - 22:06:02

rabi yarahmou  wa yarham djamiaa el mouslmin

 

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Il est tres agreable de revoir tous ces visages disparus qui font partie de nos souvenirs de jeunesse, mais il est fort regretable que les gens ne participent pas pour faire revivre par le souvenirs tous nos ainés en envoyant photos (et ,ou ) commentaires qui feront connaitre aux jeunes generations qui etaient leurs ainés.
Commentaire n° 1 posté par: aziz le 18/04/2007 - 21:55:24

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On se rapelle tous  du tube des années 70 de feu A.Kacimi! C'était la chanson"Ah ya Mouni". Quelqu'un aurait-il encore le 45 tours? Ce serait bien de mettre une photo de la pochette (un joli dessin, si je me rapelle bien).
Commentaire n° 2 posté par: eulmia le 19/04/2007 - 09:16:37

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salut Eulmia
Bien sur Abdallah Kacimi avait un riche repertoire dont "Mounie" a été la plus connue, mais ce n'est pas la meilleure de son repertoire ,car "Leila " est l'une des plus belle chanson que j'ai entendue.Il y aura dans les prochains jours inchallah "quelque chose" sur la vie de cet auteur , chanteur ,compositeur.Peut etre ,pourquoi pas la photo d'une pochette d'un ou de deux de ces disques.Je l'espere , enfin je fais en sorte que ça se realise.
Commentaire n° 3 posté par: aziz le 21/04/2007 - 18:47:01

 

   

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